Lettre d’information n° 78 de l’association Handivers Horizons
Aujourd’hui ce n’est plus une nouveauté : la culture pâtit des virus… Pour la deuxième année consécutive nous avons dû d’annuler la 10ème édition du Festival Horizons Décalés, contraintes gouvernementales obligent.
A ce jour la seule chose que nous ayons pu faire est de tenir l’Assemblée Générale programmée le même week-end que le festival, masqués, en petit comité et pour certains à distance. Premier constat notre trésorerie reste saine, peu de dépenses sur le dernier exercice et toujours le soutien de nos partenaires privés ou institutionnels. L’équipe du CA reste la même et demeure au travail malgré les déceptions « covidiennes ».
Le bilan des actions est bien sûr loin d’une année ordinaire. Et si vous vous demandez s’il pourrait en être de même cette année avec déjà l’annulation du FHD, on vous répondra que non ! L’expérience est toujours profitable, même lorsqu’elle est frustrante. Aussi, nous avons un peu anticipé sur les possibles. Vous pourrez voir cela dans la suite de cette lettre.
L’heure de l’AG en plus d’être celle des bilans (vous pouvez d’ailleurs consulter notre rapport d’activité 2020) est aussi celle des renouvellements d’adhésions ou bien le temps d’en recueillir des nouvelles. Alors n’hésitez pas à vous rapprocher de nous (contact@handivers-horizons.fr) pour nous soutenir et participer à l’aventure Handivers ou bien adhérer directement en ligne ici.
Comme dit plus haut nous ne souhaitons pas que 2021 soit la copie de 2020. Nous voulons de la culture, des rencontres et du partage. Alors, on innove, saisissant les opportunités, pour amener un peu d’animation à Verquières.
Ça commencera avec une exposition d’aquarelles à la médiathèque. Dominique DEPORTE devait se joindre à nous le 1er week-end de juin, elle a fait comme tout le monde, subi les mêmes impossibles. Aussi, on s’organise pour faire quelques kilomètres, récupérer ses œuvres et les mettre en place à partir du 19 juin. Ce sera l’occasion de montrer qu’il n’y a rien de vraiment impossible malgré tous les handicaps. Car en dépit du sien, elle peint et nonobstant ceux de la société on compense avec un peu d’énergie, de débrouille et d’opportunisme. L’exposition restera en place jusqu’à fin juillet, le temps qu’un maximum de personnes puisse venir la découvrir.
Dominique DEPORTE n’a pas qu’une corde à son arc. Elle a écrit un livre que vous pourrez aussi feuilleter à la médiathèque, l’acheter dans le même lieu ou bien lui commander Içi sur sa page facebook.
Le 26 juin, toujours en partenariat avec la médiathèque, c’est Jane Goyrand
qui nous fera le plaisir de venir présenter son livre « Une erreur d’écriture ». Après une 1ère version sous forme de témoignage, un éditeur a souhaité lui ouvrir d’autres perspectives. Aujourd’hui, c’est donc dans un aspect un peu plus romancé que nous pouvons trouver cet ouvrage. Dans ce livre elle s’appelle Justine et sa fille Laura.
« Justine mène une vie heureuse dans le sud de la France. Mère de deux garçons, divorcée, jolie, amoureuse, médecin, propriétaire d’une magnifique propriété, la naissance de sa fille Laura la comble de bonheur. Tout se passe merveilleusement bien jusqu’à ses deux ans lorsque Justine commence à remarquer que Laura a quelques petits retards. » C’est ainsi que le site Babelio commence la présentation de ce roman. Que dire de plus : il se lit facilement, Jane utilisant un style simple, on s’attache aux personnages : de la mère qu’on envie au début du livre pour sa vie heureuse et réussie puis qu’on admire pour sa persévérance et son amour, de sa fille dont les troubles sont imprévisibles et désarmants. Une petite fille puis une jeune femme qu’on apprend à aimer, dont on ressent certaines souffrances. Et, comme souvent dans ce genre d’histoire, l’Amour sort vainqueur et prend pleinement sa signification.
Début juillet les vacances vont commencer. Et quoi de mieux qu’une soirée spectacle pour les entamer ? C’est de nouveau en association, avec la mairie cette fois, que nous offrirons une soirée en plein air à tous ceux qui voudront bien s’arrêter sur la place centrale de Verquières. Le vendredi 9 juillet, à partir 19h00, se produiront une clown, Clarck, puis deux guitaristes fervents adeptes et interprètes de la musique gitane.
Clarck nous proposera un spectacle sur le thème de l’amour « Aïe love you ». Cette artiste, que l’on pourra retrouver durant le festival d’Avignon, ou encore au festival « Galop de clown » mais aussi en tournée à travers le Vaucluse, la Drome, les Bouches du Rhône ou encore la Loire a plusieurs spectacles à son actif. Son fil rouge : humour, poésie, tendresse et réflexion. Ainsi elle peut voyager et faire voyager, rendre visite à La Fontaine avec son spectacle « Grosse fringale » ou philosopher en toute simplicité avec « N’être ou ne pas n’être ».
Ce sera ensuite Nicolas Haler, accompagné de son père Miguel (également auteur de plusieurs livres), qui nous emmènera à travers le monde, suivant le long périple des gens du voyage. Partis d’Inde, nous découvrirons un peu mieux tous ces peuples que l’on confond souvent : les gitans, les roms, les tziganes, les manouches, les sintis, ….
Un spectacle d’abord musical mais aussi initiatique suivant la longue tradition
orale propre à cette civilisation. Ceci agrémenté de précisions historiques nous amenant à mieux comprendre leur culture. Miguel et Nicolas jouent aussi aux Saintes Maries de la Mer lors du pèlerinage annuel. Des personnages hauts en couleur qui ne peuvent nous laisser insensibles.
Voilà le programme de ce début d’été. Nous n’en resterons pas là car nous avons encore des artistes à faire découvrir. Nous envisageons une autre exposition quasiment calée après les vacances et souhaitons profiter de toutes les opportunités qui se présenteront à nous, espérant pouvoir faire coïncider disponibilités et espaces temps afin de vivre d’autres aventures.
Lettre rédigée par Dom


Vous le savez, l’obtention de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) est liée aux ressources du foyer. Nous avons d’ailleurs été plus de 100 000 à signer la
Code de l’Action Sociale et des Familles et dans le Code de la Sécurité Sociale qui devraient, pensais-je benoîtement, être les livres de chevet de cet organisme. Malgré cela, quelques huit mois plus tard, je reçois une notification de refus qui se réfère à l’Article R 821-3 alors que moi je parlais de l’Article R 821-4.
Entre les deux rendez-vous, suite au paiement rétroactif et le rétablissement de mon AAH, je constate, en me connectant sur mon espace CAF, que je n’ai plus de droit pour le mois de décembre. J’écris, on me demande notre déclaration d’impôt, à la suite de quoi on me réplique qu’en fonction de nos ressources conjointes, supérieures au barème fixé, je n’ai pas droit à l’AAH ! Retour à la case départ !
Évidemment, je ne peux m’empêcher de bondir, tout en ne bougeant quasiment pas d’un millimètre. Cet exercice myopathique, à force d’entraînement, m’est devenu naturel et produit souvent son petit effet ; en tout cas aujourd’hui, il est largement remarqué par une assistance médusée autant qu’interloquée. J’interromps donc une nouvelle fois le quidam en faisant remarquer à la présidente, qui le sait pertinemment au vu des yeux ronds qu’elle lui tance, que ce genre de numéro téléphonique ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et que de toute façon je ne suis pas adepte d’équitation. Je ne garantis pas la transcription exacte des échanges mais la teneur y est.
Je rappelle par la même occasion que je ne suis pas un cas si isolé que cela, d’ailleurs Renaud de l’AFM qui m’accompagne parle d’affaires analogues en 2013 et 2018, et que beaucoup d’autres allocataires n’ont pas l’information, l’énergie, le temps et les compétences pour mener ce genre de combat de longue haleine. Il faut aussi que les choses changent pour eux !
Je suis heureux de faire encore partie d’une société évoluée et c’est une chance pour nous tous qu’Alexandre Jollien, philosophe et IMC écrive « L’éloge de la faiblesse », que Pascal Duquenne atteint de trisomie soit musicien, peintre et acteur du 8ème jour, que Daniel Tammet, né un jour bleu et Josef Shovanec nous baladent en Autistan, que Stevie Wonder nous fasse vibrer avec sa «musique de l’âme», que Philippe Croizon, amputé des quatre membres, nous rappelle en traversant la Manche à la nage, que rien n’est impossible…