Finit les vacances, les apéros interminables et les « Ce n’est pas grave demain on dormira ». La rentrée est là avec sa réalité scolaire, professionnelle bref très rythmée et parfois un brin trop routinière. Avec quels horizons pour demain ?
C’est une question qui doit être sagement et attentivement étudiée. Demain devrait être source de nouveaux rêves et autres projets décalés. Mais avant cela, pour l’association HandiVers Horizons, ce moment est aussi l’occasion de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, particulièrement sur la Journée Horizons Décalés du 1er juin dernier.
Après une édition 2018 à « l’extérieur », chez nos voisins et amis de Cabannes, nous avons retrouvé avec bonheur et réinvesti avec enthousiasme la salle polyvalente de Verquières. Cette dernière avait profité de notre escapade Cabannaise pour se refaire une beauté. Et c’est plutôt réussi ! Agréable, lumineuse, aux couleurs plaisantes elle dispose d’un espace (salle de danse) transformable en loges également bien équipé et accessible. Le noir total est maintenant possible et du coup les conditions de projection sont bien adaptées. L’écran est peint sur le mur de fond. Elle a été également repensée avec un espace cuisine/bar qui donne directement sur la salle. Et elle est (presque) totalement accessible (pas la scène).
Bref des conditions bien sympathiques pour l’accueil d’une édition 2019 « à la maison ».
Sous la direction de Ludovic Guillon les artistes et bénévoles ont pris possession des lieux.
D’abord avec l’installation des expositions. Lucile NOTIN-BOURDEAU
accompagnée de sa mère Eugénie Bourdeau est venue présenter un aperçu de sa très large production de dessins. La vie et les thématiques qui la traversent, la complexité entremêlée de simplicité, oxymore de l’ordinaire dans la perception de cette jeune fille, à l’œuvre ô combien touchante et attachante.
Jocelyne TUAL BEAUGRAND, artiste peintre dont la sensibilité transparaît tant dans ses tableaux que lors des échanges avec les visiteurs ou les bénévoles, toujours teintés d’humanité et de simplicité. Si vous n’étiez pas là, elle a un site web pour un rattrapage . http://j.beaugrand.tual.free.fr/atelier.html
Enfin l’exposition des photos Handivers Horizons. 9 années à travers des morceaux choisis. Ça parle à beaucoup, souvenirs et émotions.

Est venu le moment de l’art vivant. Francis Cauli et ses jeunes artistes
de l’école de cirque «Surunfil», comme il se dit dans le sud, «nous ont régalé». Des prouesses de tout ordre dans lesquelles on entrevoit une préparation fine, des talents avérés, des possibles insoupçonnés, mais aussi de la bonne humeur, de l’humour, de l’interaction, et un M. Loyal passionné. C’est décalé comme il faut.
C’est ensuite la Cie La Même Balle avec son spectacle « C’est pas pareil » qui a enchaîné. La clownerie est un art à part où parfois le public a du mal à se laisser embarquer. Une prestation en rodage sur une idée originale mélangeant les genres associés à un burlesque parfois inaccessible à une part du public.
Le temps d’une pause et nous avons ensuite pu assister à une projection de courts métrages. Patrick Coindre nous avait concocté une programmation…… excellente !
Une heure trente d’émotions, des séquences qui viennent vous remuer au plus profond de vous-même. Des scènes qui ont toutes en commun la beauté (même du triste), l’espoir et surtout l’Humanité. Belle leçon.
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« Dans la quête d’un absolu » d’Eugénie Bourdeau : où l’expression graphique de Barbouillec Sp rencontre celle de Lucile ou le contraire. Une histoire de rencontres en tout cas….
– « Pita » de Gabrielle Sheepard. On suit cette mère, patiente et aimante, qui va se décaler pour accéder à une communication avec sa fille autiste.
– Quelle claque avec « Préambule » film de sensibilisation de l’association Noémi. Ou comment l’adulte se laisse formater par de « mauvais bons sentiments ». Le regard d’enfant, sans préjugé, sans mauvaise pitié, que nous avons tous eu, disparaîtrait avec l’âge ?
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« Clac ! » De Fabien Ara. Evoquer les thèmes d’Alzheimer et du suicide dans un même film entraine le risque de produire une œuvre violente (ça l’est), dramatique (c’est le thème) mais aussi tellement cynique qu’elle en est drôle. Un sujet de philo pour les futurs bacheliers ?
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« Tendre Héritage » de Florent Brischoux traite d’une question universelle. L’amour. En l’occurrence celui qu’on peut offrir à une personne dépendante lorsqu’il n’y a plus de parenté. Encore un sujet philo mais aussi sociétale (d’ailleurs est-ce dissociable ? ).
– « Sans mot dire » de Quentin Lecocq. Justement comment dire ? Tu ne m’entends pas, je ne te vois pas. Alors on ne va pas pouvoir se rencontrer et construire ensemble ? Pas si sûr.
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Et pour terminer, « 135 euro » un très court métrage de et avec Denis Lefdup.
Dans l’assemblée on pouvait reconnaitre M. Martin Teisseire, maire de Verquières , en compagnie d’élus Saint-Rémois : Patricia Laubry adjointe à la
culture et Gabriel Colombet conseiller municipal délégué au Patrimoine et monuments historiques et à la politique du handicap. Chacun d’entre eux a pu montrer son intérêt pour notre manifestation en prononçant quelques mots. Alain Comoli, Président de l’association Handivers Horizons et Ludovic Grillon l’organisateur de la JHD ont également pris la parole en ouverture du vernissage des expositions. Ce fut alors le moment d’entendre les artistes, puis d’échanger avec eux autour d’un apéritif offert par la municipalité de Verquières.
Un vernissage et apéro plus tard nous avons partagé une paëlla concoctée par Laurent. Toujours appréciée il ne peut en rester. Après ce moment roboratif bienvenu, nous avons ensuite pu découvrir
Fgad : accompagné par son ami et prof de guitare Pablo,
ce rappeur se produisait pour la 1ère fois sur scène. Ses textes sont engagés voire révoltés, toujours pour la cause des personnes en situation de handicap. Au final, une bonne participation du public et une belle prestation de ces deux lyonnais malgré un son parfois médiocre.
Pour terminer cette édition Denis Lefdup accompagné de plein de Lefdup. Un
groupe d’amis, passionnés par leur métier, la musique, et semble-t-il heureux de se retrouver pour jouer ensemble. Des gens simples qui pour autant font très bien les choses. Dommage, c’était un peu court.
Nous avons reçu de magnifiques témoignages de sympathie lors et à la suite de cette JHD 2019, «d’anonymes» ou d’artistes. C’est aussi cela la récompense d’une année de travail. Je vous propose des extraits de ceux de Denis Lefdup et de Joseph Dahan.
« Quand Alain m’a contacté, il s’est présenté ainsi : « Je suis myopathe (oui mais aux bons œufs frais !) ». Un petit tour sur Facebook… ce mec est dingue. Je fais généralement un concert tous les dix ans et j’avais déjà atteint mon quota l’été dernier (…) Petit tour des copains musiciens pour voir qui serait dispo pour remettre ça… Tous. Alors on a répété, encore plus que pour le précédent concert. J’ai même réussi à apprendre par cœur certaines chansons… c’est dire.
A Paris, le printemps avait été plutôt pourri et mouillé. A Verquières c’était déjà l’été. Rien que ça nous promettait déjà un week-end réussi.
Premier contact avec la population locale : Ludo… Il a un handicap étonnant : il ne tient pas en place et ne dort jamais. Visiblement il sait tout faire, et il fait tout. (…)
Le jour J au matin premier petit dej en plein air dans cet étonnant jardin si bien décrit par mon camarade de jeux Joseph Dahan. Puis vient l’heure de se diriger vers le lieu de nos futurs exploits. (…) une école de cirque répète son spectacle et on découvre les œuvres exposées. Il va falloir être un peu patient pour faire la balance. Ce qui implique quelques heures de glandouille sur le site. Une petite bière fraîche au soleil, elle n’est pas belle la vie ?
Arrive enfin le grand soir, entamé par une paëlla géante. Ça marche toujours ça, la paëlla. On digère tranquille en écoutant Fgad, avec qui on passera d’ailleurs un moment sympathique en « after » dans le jardin.
C’est l’heure. Certes la salle n’est pas comble, mais suffisamment remplie pour qu’on sente que ça réagit plutôt bien. Très bien même au point que par moments ça guinchait dans les fauteuils… A croire que les gens dits « cassés » aiment bien se marrer aussi …. Dois-je ajouter que ça reste un super souvenir ?
Denis Lefdup »
« (…) Pour ma part un concert inoubliable, surtout avant et après! L’arrivée chez Alain, petit chemin en cailloux et ensuite le jardin bunuelien car cela m’a rappelé le film « le chien andalou » (….) C’était un vrai plaisir de jouer chez vous! Suis reparti chez moi avec une édition qui compilait les dessins d’une jeune autiste de 16 ans qui dessine magnifiquement (c’est d’ailleurs un de ses dessins qui officie sur l’affiche du festival), à la fin du concert je lui ai prêté ma basse ! Tout était un peu extraordinaire! Le début des festivités avec le cirque, ensuite des chanteurs se sont succédé . Nous avons clôturé avec le plaisir de jouer les chansons de « Denis Lefdup » devant le public ! et puis l’apéro de soirée chez Alain pour fêter ça! Merci (…) pour votre gentillesse et votre accueil chaleureux (…) ça a été pour moi une expérience inoubliable, sincèrement ! Joseph »
Cette JHD, au milieu d’un long beau week-end de 4 jours pour beaucoup de monde, a somme toute vu passer pas mal de monde. Bien sûr le soir le public était moindre, mais celui-ci était des plus chaleureux. 65 entrées au concert et 76 paëllas réservées, des pâtisseries orientales, du thé à la menthe et quelques boissons, des ventes de t-shirts, livres… et voilà une édition qui s’équilibre budgétairement.
On pense à l’année prochaine, ce qui pourrait être amélioré, ce qui pourrait être différent, ce qui pourrait être aménagé, ……. ce qui pourrait être tout court.
10 ans de festival, c’est un beau prétexte pour organiser une belle fête artistico-culturo-humano-décalée. C’est aussi un lourd défi pour une association qui ne tourne que par du bénévolat, et qui du coup à toujours besoin de nouvelles idées, de nouveaux bras, de nouvelles subventions, de nouvelles rencontres, de nouveaux horizons…. A bon entendeur…
Et avant de vous quitter, on lance un APPEL. Si vous avez pris des photos lors de la journée du 1er juin et que vous voulez bien partager on prend toutes les contributions. Vous pouvez les envoyer à cette adresse : contact@handivers-horizons.fr. Merci !
Rédigée par Dominique M.


Le petit groupe de 12 personnes, composé de 5 en fauteuil roulant, d’une autiste et des autres qui accompagnaient, est revenu le 16 juin unanimement enchanté du circuit proposé par notre association! Toute la partie terrestre a été repérée puis organisée avec brio par notre ami Clément Abaléa de l’agence spécialisée
– le marché aux poissons de Tsukiji où nous avons pu goûter et même déjeuner dans cette ambiance très animée d’étals composés essentiellement de produits très frais de la mer. Au menu : brochettes, huîtres, Saint-Jacques, crabes royaux! La pluie fine nous a permis de tester nos imperméables ; nous en aurons besoin quelquefois par la suite…
– notre hôtel un peu perdu dans les étoiles, qui en compte quatre d’ailleurs, que l’on atteignait par funiculaire a fait l’unanimité ! Idéal pour profiter des moments libres en prenant un bain chaud dans l’onsen de cet établissement et se retrouver tous ensemble pour l’apéro du soir lors de l’«open bar» inclus dans nos prestations : champagne et cocktails à volonté!
– l’excursion sur l’ile de Miyajima, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, avec ses centaines de daims en liberté, ses temples dont l’emblématique Fushi-Inari et son torii posé dans l’eau, ses spécialités culinaires et ses boutiques, nous a tous emballés.
– un des grands moments de ce voyage fut notre visite du musée retraçant l’horreur de la première bombe atomique lachée le 6 août 1945 mais surtout l’espoir donné par les enfants qui viennent quotidiennement au mémorial de la paix offrir des guirlandes de grues en origami, symbole de paix, pour qu’une telle folie humaine ne se reproduise.
-la visite des magnifiques temples bouddhistes et sanctuaires shinto sur la montagne Higashiyama et aussi l’ancienne capitale de Nara qui possède la plus grande construction en bois au monde renfermant notamment un gigantesque bouddha assis! Impressionnant… et c’est une visite toujours accessible!
-le quartier historique de Gion avec ses vieilles maisons en bois et aussi nos apéros conviviaux improvisés au bord de la rivière Kamogawa avant d’aller dîner la savoureuse cuisine japonaise.
« Un réel plaisir de redécouvrir le pays du soleil levant… ce fut une expérience inoubliable remplie de moments de partage, de complicité et de respect. Une belle aventure nippone qui est passée a l’allure d’un Shinkansen… Merci pour ce séjour réussi grâce à chacun et j’espère vous retrouver très vite sur une nouvelle route du monde. » Sarah
«Plus de 40 ans que je rêve d’aller au Japon. Le rêve s’est concrétisé dans un contexte inattendu : en fauteuil manuel !!! … parcours organisé par un guide hors pair et dans un groupe Accompagnants et Autrement Valides très sympathique… » Patricia
« … Le Japon ce n’était même pas un rêve et pourtant j’y suis allée… Ce ne sont pas tant les images qui me reviennent, mais des sensations. D’abord l’accueil des japonais, jamais on ne s’est senti mal venu comme ça arrive encore souvent en France. C’était bien de prendre les transports en commun, ça permet d’être au contact des habitants. Enfin, je ne pensais pas que des handicapés pouvaient voyager « roots ». Je ne pourrais plus le dire…
« Aventure humaine enrichissante et immersion dans un pays étonnant. A renouveler. C’était une première pour moi, j’ai fait des belles rencontres… Je vois dans mon quotidien des personnes qui se plaignent pour un rien et avec vous, je n’ai entendu aucune plainte, c’est un sacré leçon et ça recadre. Vous étiez tous différents, j’ai adoré cet équilibre… » Katia
Responsabiliser davantage les participants, leur faire acquérir de l’autonomie dans la pratique, est très formateur et important pour comprendre que voyager en ayant un handicap, même sans agence ou sans association, c’est possible! Cela va tout à fait dans le sens de la « philosophie » d’HandiVers Horizons et de ce que nous recherchons.
Au cours de ce long circuit, nous avons utilisé uniquement les transports en commun. Quel sentiment de liberté de pouvoir circuler librement en utilisant le métro, le train, le bus, le ferry, le bateau et même le funiculaire !
Nous n’avons jamais subi une rupture d’accessibilité dans tout notre parcours, pas un ascenseur en panne, toujours un fléchage par pictogramme, au sol, en braille et en anglais pour nous diriger facilement. Partout des trottoirs abaissés pour pouvoir traverser.
Nous avons toujours voyagé avec l’ensemble des autres voyageurs sans être mis à l’écart! Cerise sur le gâteau, on trouve des sanitaires spacieux et adaptés pour tous un peu partout y compris dans le train ultra rapide Shinkansen que nous avons pris deux fois.
Sentiment de liberté que l’on n’a malheureusement guère l’occasion d’éprouver lorsqu’on vit en France, cinq ou sixième puissance mondiale et pays des droits de l’homme!… oui, peut-être de l’homme bipède normé mais certainement pas de celui qui se déplace en fauteuil roulant ou avec une canne et c’est tout à fait révoltant!
Le pire c’est que cette situation ne va guère s’arranger; alors que nous avions des espoirs d’espérer 50 % des stations de métro parisienne accessibles pour les JO de 2024, notre ministre des transports, Élisabeth Borne, les dépasse!, comme l’écrit dans son
Les Japonais utilisent des systèmes fiables par exemple pour monter dans les bus, le chauffeur ou son aide met en place facilement et rapidement une petite rampe pour que la personne en fauteuil roulant puisse monter à l’intérieur. Simple, bon marché et ça ne tombe pas en panne!